Profession bien-être : En quoi votre concept se différencie-t-il du visagisme ?
Eve Briat : C’est une étude qui repose sur l’étude morpho-psychologique du client. La morphopsychologie, c’est ce que j’essaie de transmettre, c’est cinq ans d’étude. C’est du travail. Cela va beaucoup plus loin que le visagisme. C’est un outil formidable au quotidien. Il s’agit d’aller bien au-delà de la simple étude de la carnation et de la forme du visage, pour reconnecter le client ou la cliente à son être intérieur.
Comment avez-vous mis au point votre concept ?
En fait, je suis passée par toutes étapes de ce métier. J’ai commencé à 16 ans, évolué de petites structures en grands salons. J’y suis passée par toutes les étapes : shampouineuse, brusheuse, coupeuse et coloriste. J’ai eu la chance d’être repérée par une grande marque pour laquelle je suis devenue formatrice. J’ai été souvent dans l’ombre d’artistes internationaux en backstage, et j’ai pu ainsi développer une approche un peu atypique du métier.
Enfin, après 20 ans à travailler pour les autres, j’ai décidé de me poser dans un salon à mon image pour pouvoir créer librement sans reproduire sans cesse la même coupe. C’est dans ces conditions que j’ai pu développer le morphing intuitif.
Dans ce même esprit d’affirmation de soi, vous avez créé un projet filmé pour illustrer votre méthode. En quoi votre projet se différencie-t-il d’un tuto ?
J’ai réfléchi à mon projet et j’ai voulu avant tout raconter une histoire. J’ai commencé par sélectionner des modèles croisés au gré de mes déplacements dans la capitale. Je suis allée à la rencontre de jeunes gens qui m’inspiraient, et je leur ai proposé un relooking complet, avec, au finale, un shooting professionnel, le temps d’une journée.
Bref, vous avez recruté des modèles « sauvages » ?
Je suis allée au-delà. Je voulais qu’ils découvrent qu’un nouveau look, créé à l’aide du morphing intuitif, pouvait révéler une image correspondant à leur être intérieur. Et surtout faire comprendre, aux modèles d’abord et au public ensuite, à quel point un look adapté pouvait transformer une personne, la changer d’univers, pour vivre une autre vie. Et pourquoi pas, lui faire réaliser qu’une autre voie était à portée de main.
Un style dans lequel on se sent bien, une apparence sublimée, mais pas déguisée, une sorte d’extension de soi, voilà la clef d’un avancement rapide. Ma technique valorise la cliente et lui donne confiance en elle. Le pouvoir de l’image de soi peut provoquer un vrai développement personnel.
Et finalement, vous en avez fait des égéries ?
Absolument ! Le projet devait être une réelle mise en lumière de cinq personnalités choisies. Après une journée de relooking et un shooting réalisé par Pascal Latil, Clémentine, Fiona, Léa, Alexandre et Lucas sont devenus les nouvelles égéries de mon salon Eve on Air.
Cette méthode vous est personnelle. Envisagez-vous de la transmettre ?
Bien sûr. Elle permet de se recentrer sur le conseil, tout en gardant de la créativité et ce qui devrait être un but essentiel du métier : la satisfaction du client. J’ai conçu une formation d’une journée, qui permet une application de la technique dès le retour au salon. Elle est ouverte à tout public, du niveau CAP au niveau entrepreneur.
Il n’y a pas trente-six moyens de lutter contre la morosité ambiante des salons de coiffure. Il faut prendre le virage du développement personnel, qui fait une percée fulgurante sur les réseaux sociaux. En abordant de façon ludique la morphopsychologie, les codes sociaux et l’intuition, on arrive à une toute nouvelle manière de pratiquer le métier !
Propos recueillis par Siska von Saxenburg.