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Pourquoi les salons de coiffure peinent tant à recruter

29/01/2020 | Coiffure | Georges Margossian

Paradoxe : à l’heure où les barbiers, les hair stylists et les coiffeurs studio n’ont jamais eu autant la cote, les candidats au métier manquent à l’appel. Le boom des prestations à domicile ne serait pas étranger à ce phénomène, selon les professionnels interrogés par Le Monde. 

Un secteur en crise ? Sans doute. Depuis dix ans, le nombre d’entrées en CAP Coiffure chute et la filière a perdu 10 000 apprentis depuis 2010, relève le quotidien du soir, qui, fait suffisamment rare pour être mentionné, a enquêté sur ce marché de 6 milliards d’euros. Mais la situation est aussi paradoxale, car ce n’est pas le manque d’activité qui crée ce trou d’air, c’est plutôt l’absence de bras derrière les bacs à shampoings… 

Pour Emmanuel Gasnot, président de Dessange International, «le problème numéro un d’un entrepreneur qui veut ouvrir un salon est de trouver des collaborateurs». L’emploi, «c’est le sujet dont tout le monde parle», renchérit Marc Aublet, directeur général de Provalliance, également cité par Le Monde. 

Pourtant, parmi les 30 000 offres proposées par Pôle emploi en 2019, «80 % concernaient des contrats d’une durée de plus de six mois ou des contrats de travail à durée indéterminée», selon les chiffres fournis par Emmanuel Chion, adjoint au directeur des statistiques et études de Pôle emploi. Et les perspectives de carrière «seraient réelles», assurent les professionnels. 

«Alors, comment expliquer le déficit de candidats ?», s’interroge Le Monde, qui passe en revue les explications avancées par le secteur : une image négative associée à un «échec scolaire», des parents réticents, un métier trop «physique», un apprentissage en salon peu stimulant, des salaires «trop bas», etc. 

Le travail à domicile « assècherait » le vivier

Mais si les causes sont multiples, il y en une qui demeure dans tous les esprits : l’arrivée des auto-entrepreneurs. Encouragés par la «plateformisation» du secteur et la popularité grandissante des médias sociaux, ces derniers contraignent les coiffeurs à revoir leur abécédaire commercial. «Aux yeux de ceux qui cumulent les revenus d’auto-entrepreneur et leurs allocations-chômage, ces plates-formes s’avèrent un moyen parfait pour trouver des clients et travailler à des horaires compatibles avec leur propre vie de famille», note Le Monde. 

Le résultat n’est évidemment pas à la hauteur des attentes du secteur : «Beaucoup - notamment les femmes confrontées au problème du coût de garde de leurs enfants - préfèrent ce mode d’exercice indépendant plutôt qu’un salariat, trop contraignant et peu rémunérateur», poursuit le journal, qui résume ainsi l’opinion des professionnels : «le phénomène assécherait le vivier de candidats à des contrats de travail dans des salons de coiffure». 

Une thèse défendue par Franck Provost, partenaire de l’ambitieux projet de L’Oréal, le «Real Campus », un cursus de trois ans après le bac dont l’objectif est de former 10 000 coiffeurs en dix ans. Les chiffres étayent son point de vue : sur les 30 000 offres non pourvues l’an dernier, 25 000 demandeurs d’emploi étaient inscrits pour un poste de coiffeur ou d’esthétique. 

 

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