![]() |
|
C'est ce que l'on appellerait en musique un « cover », à savoir une réinterprétation des grands standards, sans les interprètes originaux. Avec le mérite, toutefois, de proposer des produits honnêtes dont le prix n'excédera pas 20% de la gamme correspondante vendue en parfumerie sélective. L'initiative de Carrefour risque même de prendre des parts de marché sur toutes les moyennes gammes cosmétiques, voire sur les marques bio, jugées trop chères par le public. Seuls rescapés potentiels : les marques de niche très spécifiques contenant des principes actifs protégés et les produits de grande marque qui garderont leurs aficionadas : difficile de convaincre une fan de Guerlain ou Chanel qu'elle aura le même effet avec une crème qu'elle achètera cinq fois moins cher ! Pour la petite histoire, si Carrefour applique à la cosmétique le principe de la « marque de distributeur », en reprenant des formules existant dans les laboratoires à façon, rappelons qu'il y a un quart de siècle, Yves Rocher avait entrepris la même démarche en mettant des produits de maquillage et de soins bon marché à la portée d'une plus grande majorité de femmes. On retrouve aussi le même esprit avec des marques comme Boujois (Dior) ou Gemey (Chanel), qui sont des extrapolations budget line des grandes marques cosmétiques. Bref, une plus grande accessibilité qui se paye par un moindre effort... en termes d'innovation.
|