Pourquoi les femmes rechignent de plus en plus à s’épiler ? Aisselles, jambes ou bras poilus, elles s’en moquent, préférant gérer leur pilosité comme elles l’entendent. Le sujet aurait laissé indifférents les Français dans les années 1970. Depuis, le poil s’est fait tout petit devant les nouveaux canons de l’esthétique féminine.
«Il y a encore cinq ans, j’aurais abandonné l’idée d’aller à la piscine avec des jambes poilues. «J’ai traqué le poil jusqu’à mes 25 ans. Je me suis fait mal, juste pour plaire aux autres. Aujourd’hui, je m’en fiche, mon compagnon aussi. Je ne lui demande pas de s’épiler, pourquoi me le demanderait-il ?», explique l’une des femmes interrogées par Ouest-France. «Maintenant, je m’épile quand je veux et quand j’ai le temps. Qu’importe ce qu’en pensent les gens», renchérit une autre.
Les témoignages affluent, mais le sexe glabre et la peau de bébé continuent de séduire. «Dès la puberté, on leur dit que laisser leur corps au naturel ne serait pas féminin. Mais c’est normal qu’on soit choqués par les poils des femmes, puisqu’on n’en voit jamais», argumente Noémie Renard, auteur du livre «En finir avec la culture du viol» (éditions Les petits matins).
Combattre la « pilophobie »
Biologiste de formation, elle a créé l’an dernier un collectif féministe «Liberté, Pilosité, Sororité». Son objectif est de «déconstruire « la ‘pilophobie’, ce rejet de la pilosité, principalement féminine». Cette «norme du glabre devient une charge mentale avant d’aller chez le gynécologue ou à la plage. Tandis que les hommes enfilent leur maillot et foncent», ajoute la chercheuse.
D’autant que la pilosité a une utilité pour le corps, rappelle un médecin, cité par Ouest-France. Elle permet d’abord de réguler la température du corps. «Le poil favorise la surface de contact et empêche la sueur de couler», souligne le Dr Marc Perrussel, dermatologue et cancérologue au CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine). Il empêche aussi les irritations de la peau, les écorchures et les lésions, formant une sorte de bouclier contre les poussières, les virus et les bactéries.