«Nous craignons que des fumeurs en viennent désormais à se dire que la ‘vape’ est plus dangereuse que la cigarette», souligne Rémi Baert, le PDG de Kumulus Vape, l'un des principaux sites français de vente en ligne de produits dédiés à la cigarette électronique. Sa société présente ses produits comme une aide à la réduction de la dépendance des fumeurs envers la nicotine.
Quelque 805 cas de maladies pulmonaires liées au vapotage ont été recensés aux Etats-Unis, avec douze décès. Le Massachusetts a interdit dans la foulée la vente de cigarettes électroniques, tandis que deux autres États (New York et Michigan) ont prohibé les e-cigarettes aromatisées. «Le marché américain n'est pas régi par les mêmes loi qu'en France», fait valoir Rémi Baert, interrogé par l'AFP.
«Aux États-Unis, la composition des produits est totalement libre», relève-t-il, alors qu'en France les liquides de recharge doivent être déclarés auprès des autorités de santé. Le profil des consommateurs est aussi très différent : en France, ce sont des fumeurs qui tentent d'arrêter, alors qu'aux États-Unis, ce sont souvent des jeunes qui n'ont jamais fumé auparavant.
«Le drame que vivent les Américains ne semble pas être lié au vapotage mais à la présence d'une forme huileuse du THC (la substance psychotrope du cannabis) dans le liquide de recharge. C'est une forme de consommation de drogue», dénonce Rémi Baert, qui estime que l'usage de l'e-cigarette «a été détourné».
La polémique a fait plonger le titre
Son entreprise, qui est cotée en Bourse depuis le mois de mai, est à la fois grossiste (distribuant ses produits à quelque 400 boutiques) et vendeur grand public, à travers son site Internet. Les produits de recharge commercialisés par la société sont «majoritairement français», assure-t-il. «Et nous pouvons clairement affirmer que les producteurs français sont les meilleurs au monde», en s'imposant d'eux-mêmes des critères allant au-delà des exigences réglementaires et certifiées par la norme Afnor.
Basée à Corbas (métropole de Lyon), Kumulus Vape a réalisé un chiffre d'affaires de 4,8 millions d'euros (+79%), au premier semestre, et devrait atteindre les 11 millions d'euros en année pleine, avec un résultat bénéficiaire. Mais la polémique a fait plonger le titre en Bourse. Depuis son pic de juillet, l'action Kumulus Vape a perdu la moitié de sa valeur pour tomber aux alentours de 4 euros. A ce prix, la société était valorisée 8 millions d'euros.
Avec l’AFP.
SUR LE MÊME SUJET
→ E-cigarettes : pourquoi l’Europe ne cède pas au durcissement réglementaire