L’économie du «bien-vieillir» à la croisée des chemins ? Le vieillissement sans précédent de la population en France va s’accompagner de nombreuses mutations dans la répartition des classes d’âge. «Entre 2022 et 2031, la France comptera (…) chaque année 140 000 à 250 000 personnes supplémentaires âgées de 75 à 84 ans», note Xerfi, dans une étude sur les «papy boomers», ces nouveaux et futurs retraités..
Fait inédit : ils font preuve d’une «plus grande capacité d’adaptation et d’anticipation» que leurs aînés. Plus nombreux et plus technophiles, ils se différencient aussi (et surtout) par leur pouvoir d’achat. Et c’est là que de grands défis économiques se posent, car la «silver economie», objet de cette dernière étude Xerfi, est censée devenir un des axes essentiels de la croissance de demain.
Les nouvelles activités à imaginer pour les «papy boomers» ne manqueront pas. Car s’occuper, divertir et soigner les seniors représente aussi des activités créatrices d’emploi, voire génératrices d’innovations et de productivité. «Sous certaines conditions, le remplacement progressif des seniors de la génération ‘silencieuse’ par les ‘papy-boomers’ est une véritable aubaine pour les silver acteurs», avancent les experts.
Ainsi, les marchés de la silver économie devraient progresser en France au rythme annuel de 2,5% pour atteindre 101 milliards d’euros dans l’Hexagone en 2024, contre 91,5 milliards l’an prochain, selon les prévisions du cabinet d’études. Reste alors une question : la solvabilisation de la demande. Car tous les secteurs ne profiteront pas du vieillissement de la population.
Des services numériques à développer
Pour Xerfi, les marchés qui surferont à plein sur le phénomène sont ceux de l’habitat intermédiaire, la domotique et les services de maintien à domicile. Autrement dit, les acteurs qui cibleront les seniors «fragilisés». Une estimation qui tord un peu le cou à l’idée que les opportunités d’affaires se trouvent essentiellement dans la tranche de consommation la plus dynamique.
«Ceux focalisés sur les seniors « actifs » (65-74 ans) et/ou ne disposant pas d’une offre spécifique satisfaisante pour les personnes âgées ‘fragilisées’ (75-84 ans) seront freinés dans leur développement», prévoient les experts. De nombreuses spécialités seraient ainsi concernées : les produits d’épargne, l’assurance dépendance, le crédit à la consommation, le tourisme, les activités physiques, les thérapies non médicamenteuses ou les services à la personne de confort.
Autre piste : la généralisation de services numériques. Les besoins ne manquent pas. Ce sont, par exemple, des services qui permettent de «prévenir et améliorer les conditions de vie», pour faciliter le maintien à domicile, ce qui est encore loin d’être le cas dans les EHPAD ou les services de maintien à domicile, qui «affichent des niveaux d’équipement et de maturité de leur système d’information (SI) très décevants», estime Xerfi, alors qu’investir dans les SI doit, selon son étude, «être au centre de leurs priorités».
«La Silver économie à l’horizon 2024 - Quelles perspectives et stratégies de croissance sur des marchés transformés par la montée en puissance des « baby-boomers ?», Xerfi-Precepta.
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