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Cosmétiques d’occasion, une aubaine pour les marques ?

20/01/2020 | Etudes & Marchés | Georges Margossian

 

A l’image de la mode, les plateformes de revente de produits de maquillage pourraient bientôt prendre leur envol, selon Vogue Business. Une façon d’accéder à des marques haut de gamme pour les jeunes générations. L’hygiène ? Certains sites Web pensent avoir trouvé la solution… 

Rouge à lèvres, fonds de teint, anticernes, fards à paupière… La liste des produits revendus sur le Web s’allonge chaque mois. Si acheter un sac de luxe ou un vêtement griffé sur un marché «secondaire» n’est plus aujourd’hui un problème pour de nombreux consommateurs, le phénomène touche désormais les cosmétiques.

Certes, le nombre de transactions reste encore confidentiel, comparé aux volumes de ventes observées pour les vêtements, les meubles ou les smarpthones, mais il semble assez attractif pour attirer de nouvelles plateformes spécialisées, comme Vinted, Depop, Poshmark et, bien sûr, l’incontournable Ebay, qui veulent, elles aussi, se faire une place au soleil sur ce marché. 

D’autant que les consommateurs sont prêts à acquérir ce type de produits, de la même manière qu’un vulgaire téléphone portable. Selon une étude Ipsos pour Vogue Business, 49 % des personnes interrogées voient dans les cosmétiques d’occasion un moyen de faire des économies. Comme pour la mode, la seconde main évoque, pour ces acheteurs potentiels, la protection de l’environnement. 

Car la chasse aux bonnes affaires n’est pas leur seule motivation : la dimension environnementale l’est tout autant. Ainsi, 29% des sondés intéressés par la revente mettent en avant la lutte contre le gaspillage, en particulier les jeunes générations, qui plébiscitent l’économie circulaire, un mix entre recyclage et économie de ressources.

Des prix qui peuvent s’envoler !

COSMETIQUES OCCASION BESTSELLERS«Les accros de la beauté partagent des photos d’armoires débordantes et de produits cachés sur Instagram en utilisant le hashtag #shelfie, qui compte 1,8 million de publications, pour montrer à quel point ils en ont amassés», relève Vogue Business. Parmi les produits les plus populaires, on trouve des sèche-cheveux Dyson, des parfums de marque, notamment Chanel ou Tom Ford, voire des accessoires de massage comme le Theragun, détaille le magazine.  

Mais ce marché, même de seconde main, n’est pas forcément synonyme de «low cost». Les prix peuvent aussi s’envoler… Exemple : alors que le pack de collection vacances de Kylie Cosmetics a été mis en vente à 350 dollars sur son site en décembre, il a commencé à apparaître, quelques semaines plus tard, sur des plateformes comme Poshmark et Ebay pour… 750 dollars ! 

Mieux : la palette de fards à paupières Star’s Conspiracy a généré, à elle seule, plus de 120 000 dollars de chiffre d’affaires, avec des unités se vendant à plus de 150 dollars, soit trois fois plus que le prix initial (52 dollars). Bref, les sites de revente en ligne profitent de l’engouement des jeunes générations pour certaines marques. Celle du maquilleur Jeffree Star, par exemple, a vu ses ventes bondir de 10 000% en un an sur Ebay, poursuit Vogue Business. 

Mais derrière ces chiffres qui n’en finissent pas de grimper, l’hygiène semble passer à la trappe… Les plateformes savent toutefois qu’elles sont attendues au tournant. Ainsi, Ebay assure respecter les directives de la FDA - l’autorité sanitaire américaine -, qui interdisent la vente de cosmétiques, d’éponges et d’applicateurs usagés. 

Le sondage montre que les consommateurs veulent des garanties : 68 % des personnes interrogées citent l’hygiène comme la première raison dissuasive. Difficile, dans ces conditions, de rendre attractif un rouge à lèvres qui a été utilisé plusieurs fois par une inconnue… La plateforme Vinted a senti le danger : seuls les produits cosmétiques neufs et dans leur emballage d’origine sont autorisés sur son site. 

Faciliter l’accès à des produits chers 

Problème : même si 37% des sondés déclarent vouloir acheter des produits non utilisés et non ouverts, comme il s’agit d’une plateforme peer-to-peer, il s’avère difficile de le savoir avant la réception du produit, souligne le magazine américain. Le spécialiste de la revente de cosmétiques, Gambot, créé par Karen Horiuchi, en 2013, a donc imaginé une autre solution : pas de vente directe entre particuliers.  

En clair, c’est la plateforme qui achète les produits aux revendeurs, les reconditionne, puis les propose à la vente. Pour cela, elle a mis en place un protocole : les cosmétiques doivent être envoyés au moins trois mois avant la date de péremption, un article doit contenir au moins 50 % du produit, les brosses et les pinceaux doivent être neufs ou propres, les faux-cils et les produits avec applicateurs du type mascara, gloss ou rouge à lèvres liquide sont interdits.

Mieux : le distributeur assure, images de mains gantées et outils chirurgicaux à l’appui, que les produits sont reconditionnés dans ses laboratoires par des professionnels. Ainsi, la couche supérieure des poudres est retirée à l’aide d’un dispositif à air comprimé, la partie haute des rouges à lèvres est tranchée avec une lame propre, etc.

Les marques doivent-elles donc craindre l’essor de ces plateformes de revente ? Pas sûr, estime Vogue Business. Alors que les ventes de produits de beauté d’occasion devraient exploser en 2020, selon le magazine, la multiplication de ces plateformes leur permettrait de recruter de nouveaux clients, qui accéderaient ainsi à des produits qu’ils n’auraient pas pu s’offrir ailleurs. Sans doute, mais ce ne sera pas sans risque. 

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