Plus d’un Français sur trois (34%) a déjà été affecté par de l’eczéma au cours de sa vie, ce qui en ferait la troisième maladie chronique de peau la plus répandue en France après l’acné (59%) et les mycoses (43%), selon cette étude réalisée en novembre auprès d’un échantillon de 2 007 adultes.
Les populations les plus touchées seraient les femmes (38%, contre 28% des hommes), les jeunes (38% des moins de 25 ans), les catégories populaires (37% des ouvriers, contre 30% des cadres) et les habitants des grandes agglomérations (37% des habitants de l’agglomération parisienne, contre 29% des ruraux).
Mais l’eczéma, également appelée «dermatite atopique», reste encore mal connu des Français. A peine une personne interrogée sur quatre (25%) déclare voir «précisément de quoi il s’agit», relève le sondage. Elles sont encore moins nombreuses à connaître cette maladie (15%) parmi les personnes qui n’en ont jamais été affectées personnellement.
Ce faible niveau de connaissances favorise les idées-reçues sur l’eczéma, ajoute un communiqué du laboratoire pharmaceutique. Ainsi, une forte proportion de Français (82%) le réduisent à une maladie liée au stress ou à l’allergie (78%). Moins d’un sur deux s’avère être au courant du possible lien entre l’eczéma et la pollution (47%) ou que la maladie peut être parfois héréditaire (36%).
«Ce manque d’information et l’impression qu’il n’y a pas de solutions médicales face à leur maladie incitent une proportion élevée de malades à se tourner vers des pratiques non conventionnelles», poursuit l’étude, qui indique que 33% d’entre eux ont déjà eu recours aux praticiens de médecines dites «alternatives», comme les magnétiseurs (18%), les acupuncteurs non-médecins (16%), voire les marabouts ou autres «guérisseurs» (15%).
Des conséquences psychiques
De plus, son impact sur la santé mentale semble aussi sous-estimé. «Il apparaît que cette maladie a des répercussions graves sur la santé psychique et la vie sociale des Français qui en souffrent», souligne l’étude. Au-delà des désagréments physiques, le grattage étant le symptôme le plus gênant, plus des deux tiers des malades actuels rapportent un impact négatif de la maladie sur leur moral (69%) autant que sur leur niveau de confiance en soi (68%).
«L’eczéma ébranle tout particulièrement la confiance en soi des catégories de la population apportant le plus d’importance à leur apparence», notamment les femmes (63%) et les jeunes de moins de 25 ans (73%), poursuit le sondage. Cette détresse psychologique peut aussi provoquer de l’exclusion. Plus de la moitié des malades (52%) rapportent s’être eux-mêmes exclus d’au moins une activité de loisirs, sociale ou professionnelle au cours de leur vie.
Autres préjudices : un quart des personnes interrogées (26%) déclare avoir déjà fait l’objet d’au moins une forme d’harcèlement ou d’agression d’ordre verbal ou visuel en raison de leur eczéma. Cette proportion est plus importante (38%) pour des patients ayant un eczéma visible. «Le retentissement physique est donc évident. Mais les conséquences psychiques sont aussi importantes, pouvant aller jusqu’aux idées suicidaires», assure le Pr Laurent Misery, chef de service de dermatologie et vénérologie au CHRU de Brest, cité par le communiqué.
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