«Les consommateurs ont accès à une pléthore de sources d'informations sur la santé, mais traduire les connaissances en comportements cohérents est plus facile à dire qu'à faire», relève Andrea Wroble, consultante santé et bien-être chez Mintel, qui liste sur son blog les «tendances à surveiller» pour 2020.
En clair, l’heure est au pragmatisme pour les marques, qui devront proposer des «solutions gérables et homogènes» pour séduire leurs clients. Car ces derniers ne manquent pas de motivation et d’objectifs en matière de santé et de bien-être. Le problème, c’est que les résultats promis sont rarement à leur portée.
Car si les consommateurs sont plus motivés qu’avant à se fixer des objectifs pour améliorer leur santé, se sentir plus heureux et avoir une meilleure apparence, ils opteront en priorité pour les plus faciles à atteindre. «Que les adultes poursuivent de saines habitudes ou en commencent de nouvelles, les objectifs qu’ils se fixent doivent être réalisables et mesurables, ce qui devrait être considéré comme un thème clé pour l'industrie du mieux-être à l'avenir», analyse Andrea Wroble.
Un état d’esprit qu’elle résume en une formule : plus l’effort demandé est faible, plus la récompense sera élevée. Car le principal obstacle pour atteindre ses objectifs de santé et de bien-être, c’est la capacité à s’auto-motiver, selon elle. Ainsi, chaque année, après le Nouvel an, le nombre d’adhésions dans des clubs de sport monte en flèche, avant de retomber aussi vite les mois suivants…
Des activités de bien-être accessibles à tous
La solution ? «L'adoption de routines à faible impact peut être facilement ancrée dans la vie quotidienne, avec ou sans accès à une salle d'entraînement. En 2020 et au-delà, les actions qui intègrent des avantages physiques et émotionnels, comme la marche ou les étirements, prendront le relais en tant qu'activités axées sur le bien-être et accessibles à tous», assure la consultante.
Mais la perception des besoins reste parfois délicate à décrypter. Par exemple, si les objectifs de santé et de bien-être des consommateurs pour 2020 est de se sentir plus heureux, la santé mentale, elle, n’est pas mentionnée dans l’enquête menée par Mintel. Or, selon le cabinet d’études, elle fait partie intégrante du bien-être et «ne devrait pas être intimidante ni difficile à traiter».
«Les marques doivent travailler pour fournir des solutions simples pour le stress, l'anxiété, l'épuisement professionnel ou l'épuisement, tout en encourageant le bonheur et en créant un sentiment de communauté», poursuit Andrea Wroble, qui estime qui la définition de la santé mentale devrait s’élargir, au cours des prochains mois, «pour inclure les émotion/sentiments quotidiens».
Le sommeil pour améliorer sa santé mentale
L’analyste cite l’exemple d’Instagram, qui a pris des mesures pour maintenir un environnement social positif pour ses utilisateurs : «en 2019, la société a ajouté une fonctionnalité activée par l'IA (intelligence artificielle, NDLR) qui envoie un commentaire à l'utilisateur si elle détecte quelque chose de négatif, suivie d'une confirmation demandant si l'utilisateur est sûr de vouloir publier».
Là encore, le pragmatisme devrait prévaloir. Ainsi, «une bonne nuit de sommeil sera considérée comme le fondement des soins personnels et d'une vie saine», avec des résultats rapidement perceptible sur la «santé mentale, émotionnelle et physique», selon Mintel, qui ajoute que 2020 pourrait être «l'année de la redéfinition de la santé du sommeil».
«S'appuyant sur le suivi du sommeil, les marques pourraient mettre en avant des pratiques nostalgiques autour du coucher, car près de la moitié des adultes disent que rendre le bien-être plus amusant les aiderait à atteindre leurs objectifs», suggère le cabinet d’études, qui, encore une fois, fait l’éloge de la simplicité. Bref, l’ordre du jour pour 2020 pourrait se résumer ainsi : dormir davantage, suivre une alimentation saine et faire de l’exercice.