L’Organisation mondiale de la santé (OMS) lance une vaste campagne pour sensibiliser le public au bon usage des antibiotiques. Selon elle, la résistance à ce type de médicaments «atteint des niveaux dangereusement élevés dans toutes les parties du monde».
«Les gouvernements reconnaissent désormais qu'il s’agit de l'un des plus grands défis auxquels la santé publique est confrontée aujourd'hui», a estimé la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan. Selon elle, la résistance aux antibiotiques a «atteint des niveaux dangereusement élevés dans toutes les parties du monde», faisant des milliers de victimes chaque année.
En cause, pour l’organisation, une mauvaise information du public. Selon une enquête qu’elle a menée dans douze pays, elle relève que près de deux tiers des personnes interrogées ne comprennent pas ce problème, ni comment le résoudre. Parmi les attitudes ciblées, 64% d'entre elles pensent à tort que les antibiotiques peuvent être utilisés pour soigner des rhumes et la grippe.
Un tiers des sondés cesse de prendre leurs médicaments quand ils se sentent mieux, avant la fin du traitement prescrit.
Face à la méconnaissance de l'opinion publique, l'OMS a donc lancé lundi une campagne baptisée «Antibiotiques: à manipuler avec précaution», dans le cadre de la première semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques. L’antibiorésistance va nécessiter un «changement mondial de comportement de la part des individus comme des sociétés», estime le représentant spécial de Margaret Chan pour la résistance aux antimicrobiens, le Dr Keiji Fukuda.
Des données encourageantes en France
Selon une enquête publiée par l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), à l’occasion de la journée européenne d’information sur les antibiotiques du 18 novembre, la consommation d’antibiotiques en France «s’inscrit toujours dans une tendance à la hausse». En 2014, elle était supérieure de 7% à celle observée en 2004.
Néanmoins, pour les experts, «si les données restent encourageant es pour le pneumocoque en ville ainsi que pour le staphylocoque doré en secteur hospitalier, avec une diminution de la résistance quasi-constante depuis plus de dix ans, une vigilance renforcée est toujours nécessaire pour les entérobactéries.»