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Le stress responsable de l’arrivée prématurée des cheveux blancs

28/01/2020 | Santé/salon | Nicolas Desaje

«Se faire des cheveux blancs» n’est pas qu’une expression populaire, c’est aussi une réalité scientifique, si l’on en croit les conclusions d’une très sérieuse étude réalisée par des chercheurs des universités de São Paulo (Brésil) et d’Harvard (Etats-Unis). 

Les clichés populaires parlent souvent davantage à l’imagination qu’ils ne reposent sur des bases scientifiques. Ce n’est pas le cas de cette expression qui défie le temps depuis qu’une légende affirme que la reine Marie-Antoinette a vu sa chevelure devenir blanche dans la nuit qui précéda sa montée sur l'échafaud, le 16 octobre 1793. 

On en connaît désormais les mécanismes biologiques, selon cette étude mise en ligne la semaine dernière sur le site de la revue Nature. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont observé l’effet du stress sur des souris pour voir comment il pouvait affecter les cellules souches des follicules pileux, responsables de la fabrication des mélanocytes (qui donnent aux cheveux leur couleur). 

Ils ont ainsi découvert que le système nerveux sympathique, qui régit la réponse des mammifères au combat, y jouait un rôle central. Quand les souris ont été soumises à une douleur à court terme ou placées dans des conditions de laboratoire stressantes, ces nerfs ont libéré la noradrénaline chimique, qui a ensuite été absorbée par les cellules souches du follicule pileux qui servent de réservoir de mélanocytes. 

«Normalement, quand les cheveux se régénèrent, certaines de ces cellules souches se transforment en cellules productrices de pigments qui colorent les cheveux. Mais quand elles sont exposées à la noradrénaline par le nerf sympathique, toutes les cellules souches sont activées et converties en cellules productrices de pigments», a expliqué Ya-Chieh Hsu, professeure spécialisée dans les cellules souches et la biologie régénérative à l’Université de Harvard. 

Ouvrir la voie à de nouveau traitements

«Cela signifie qu’il n’en reste plus. En quelques jours, le réservoir de cellules souches régénératrices de pigments est épuisé. Et une fois qu’elles ont disparu, vous ne pouvez plus régénérer les pigments», a précisé la scientifique. À long terme, les résultats de cette étude pourraient guider le développement de traitements contre le grisonnement lié au stress. 

Le stress n'est toutefois pas la seule raison pour laquelle les cheveux peuvent devenir gris. Le processus de vieillissement naturel en est la principale cause. Les mutations génétiques et, dans certains cas, les attaques immunitaires peuvent aussi contribuer à la perte de couleur des cheveux. 

«Les cellules souches des mélanocytes sont aussi perdues au cours du vieillissement», a rappelé Ya-Chieh Hsu. «Une hypothèse intéressante pourrait être que le stress est un processus de vieillissement accéléré. Mais nous ne savons pas encore si cela est vrai. Nous souhaitons découvrir le lien», a-t-elle ajouté.

 

Avec Reuters. 

 

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