
La mention d’un FPS (facteur de protection solaire) - ou «SPF» en anglais -, imprimée sur les emballages d’une crème hydratante, est loin de suffire à garantir l’efficacité d’une protection solaire, si l’on en croit les résultats de cette étudemenée par des chercheurs de l'Institut du vieillissement et des maladies chroniques de l'Université de Liverpool et présentée début juillet lors de la réunion annuelle de la British Association of Dermatologists, à Edimbourgh.
Pour parvenir à leurs conclusions, ces scientifiques ont recruté 60 personnes âgées de 18 à 57 ans (14 hommes et 46 femmes) et leur ont demandé d'appliquer de la protection solaire sur leur visage pour voir s'ils le faisaient efficacement. Lors de la première visite, les participants devaient appliquer de la crème solaire avec un indice de protection SPF de 30, puis, au cours d’une seconde visite, un soin hydratant avec IP de 30.
A chaque séance, les chercheurs ont photographié les visages des participants avec un appareil photo permettant de montrer les rayonnements UV sur la peau pour évaluer l'efficacité de l'application des deux produits. Quand une partie du visage a été suffisamment recouverte de crème, le produit absorbe les rayons UV et cette zone apparaît en noire sur les photos. A l’inverse, quand la zone est claire, cela signifie que l'application et l'absorption n'ont pas été efficaces.
Une mauvaise couverture du visage
Au final, les chercheurs ont trouvé que, quand les sujets appliquaient un soin hydratant, ils oubliaient, en moyenne, 16% de la surface de leur visage, contre 11% pour la crème solaire. Zone à haut risque pour les cancers de la peau, les paupières ont fait l’objet d’une attention particulière : les universitaires ont découvert que, si les participants oubliaient 14% de cette surface avec une crème solaire, ce chiffre grimpait à 21% avec le soin hydratant.
Les participants ont aussi été invités à évaluer eux-mêmes leur capacité à appliquer les produits avant et après la visualisation des images. «Pour l'écran solaire, la capacité perçue est passée de 90% à 42% et, pour l'hydratant, de 85% à 38%, ce qui indique que les participants n'étaient pas conscients de leur incapacité à obtenir une couverture adéquate», relèvent les chercheurs.
Pour Matthew Gass, membre de la British Association of Dermatologists, le problème ne se limite pas à une simple routine mal effectuée : «Malheureusement, un hydratant avec SPF ne fonctionne pas particulièrement bien dans la réalité par rapport à une crème solaire, bien qu'il puisse indiquer un IP 30 sur la boîte. Cette étude apporte une autre preuve que les conditions de test en laboratoire pour ces produits ne reflètent pas la façon dont ils sont utilisés», affirme le dermatologue, cité dans un communiqué.

A gauche, écran solaire, à droite hydratant. A droite, l’image plus claire indique une absorption moins importante des UV avec une application de produit moins importante. Il est à noter que dans les deux cas, la personne a "oublié" la zone des yeux.