
La participation au dépistage organisé baisse depuis quelques années, tombant même en dessous de 50% en 2017. «On a perdu 2% de participation en deux ans et nous sommes loin des recommandations européennes qui en préconisent 70%», souligne le Pr Ifrah. «Qu'un débat scientifique existe sur les limites du dépistage, c'est sain. Mais on assiste en France à une campagne de dénigrement surréaliste, notamment sur les réseaux sociaux. Ses détracteurs, peu nombreux mais très actifs, sont irresponsables», estime-t-il.
Les anti-dépistage évoquent notamment le fait que le dépistage peut détecter des lésions qui n'auraient pas forcément évolué en cancer (surdiagnostic). «Mais 80% vont évoluer, d'où la nécessité d'un suivi régulier», répond le président de l'Inca. «Je ne dis pas qu'il y a zéro opération inutile, mais elles sont très peu nombreuses. En revanche, on sait qu'avec le dépistage organisé, on épargne à près de 12% des femmes une chirurgie lourde et qu'un tiers ‘seulement’ auront une chimiothérapie, contre plus de la moitié hors dépistage.»
« Entre 15 et 20% de décès » évités
«D'après les études mondiales, le dépistage permet d'éviter entre 15 et 20% de décès», ajoute le responsable. «C'est pour cela que lire sur les réseaux qu'il existerait de faux cancers me sidère. Ce terme, catastrophique, est nuisible», dit-il encore, évoquant le risque «que des informations erronées n'écartent des femmes, souvent les plus à risques et les plus précaires, du système de soins, et que des cancers soient traités plus tardivement».
Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent et le plus mortel chez la femme : 59 000 nouveau cas par an et près de 12 000 décès en France. Le taux de survie est de 99% à cinq ans, quand il est détecté à un stade précoce, contre 26% s’il est repéré à un stade avancé.
Avec l’AFP.
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