Le surpoids est responsable en moyenne de 70% de tous les coûts de traitements du diabète, de 23% de ceux des maladies cardiovasculaires et de 9% de ceux des cancers dans les 36 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques.
Selon des projections de l'OCDE sur les trois décennies à venir, le traitement des maladies liées au surpoids coûtera au total 425 milliards de dollars par an aux 52 pays analysés. D'ici 2050, 92 millions de décès prématurés dus à des maladies liées à l'obésité devraient survenir dans les pays de l'OCDE, du G20 et de l'Union européenne des 28, selon ce rapport.
Réduction de l’espérance de vie de 3 ans
La réduction de l'espérance de vie liée au surpoids dans les trois décennies à venir (2020-2050) aura le plus d'impact (4,2 années perdues) au Mexique, talonné par la Russie et la Pologne (3,9 années) suivis des Etats-Unis (3,7). La France (2,3 années de perdues) se situant au-dessous de la moyenne de près de trois ans projetée pour l'Union européenne (2,9) et l'OCDE (2,7).
Plus de la moitié de la population de 34 pays parmi les 36 membres de l'OCDE est en surpoids et pratiquement une personne sur quatre est obèse. Les taux moyens d'obésité des adultes dans les pays de l'OCDE sont passés de 21 % en 2010 à 24 % en 2016, de sorte que 50 millions de personnes supplémentaires sont maintenant obèses. En 2016, l'obésité adulte était de 27,8% au Royaume-Uni, de 23,8% en Espagne, de 24,9% en Grèce et en dessous de la moyenne de l'UE en Belgique (21,1%) et en France (21,6%).
Un retour sur investissement important
Des pays comme les Etats-Unis consacrent 14% de leur budget santé à l'obésité, au surpoids et aux maladies associées, l'Allemagne 11% et la France, environ 5%. Ce qui équivaut, pour les Etats-Unis, l'Allemagne et les Pays-Bas, respectivement, à 645 dollars, 411 et 352 par habitant et par an, en tenant compte des disparités de pouvoir d'achat.
Cette projection de dépense est évaluée à 148 dollars pour la France. La moyenne pour les pays de l'OCDE s'établissant à 209 et à 195 dollars pour l'UE des 28. L'OCDE appelle donc à agir plus efficacement pour enrayer l'épidémie d'obésité et de surpoids. Selon elle, les politiques de prévention ont des résultats à terme sur les dépenses de santé : chaque dollar dépensé génère jusqu'à six dollars de retour sur investissement.
Ainsi, une réduction de 20% des calories contenues dans les aliments riches en sucre, en sel, en calories et en graisses saturées pourrait permettre d'éviter, d'ici à 2050, 1,1 million de cas de maladies chroniques par an, selon une analyse incluant 42 pays. Cette mesure leur permettrait d'économiser 13,2 milliards de dollars par an en réduisant les dépenses de santé et une augmentation annuelle du PIB de 0,5%.
Avec l’AFP.
SUR LE MÊME SUJET
→ Obésité et malbouffe : pourquoi le phénomène touche désormais la France ?
→ Prévention : l’obésité augmente plus vite dans les campagnes que dans les villes