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Le «Défi de janvier», lancement d’un «mois sans alcool» dans l’Hexagone

8/01/2020 | Sante et Bien-être | La rédaction de Profession bien-être

Malgré l’absence de soutien de l’exécutif, l’opération «Dry January» a été lancée le 1er janvier par une trentaine d’associations sur le modèle d’un événement organisé au Royaume-Unis depuis 2013. C’est la première fois qu’une telle initiative a lieu en France. 

«C'est une campagne mobilisatrice, ludique, pour s'essayer individuellement et collectivement à une pause pendant un mois, après la période des fêtes», explique à l’AFP Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération «Addiction», l'une des associations organisatrices. Adaptation de l'opération «Dry january» - littéralement, «Janvier sec» -, lancée outre-Manche en 2013, le «Défi de janvier» permet d'aider à atteindre ses objectifs quand on diminue ou arrête sa consommation d'alcool. 

Pour cette première édition, Nathalie Latour espère «atteindre les mêmes chiffres qu'en Angleterre en 2013», soit 4 000 inscrits sur le site (en sachant qu'on peut participer au défi même sans être inscrit). Selon elle, ce type de campagne existe dans 14 pays, dont la Belgique (où elle s'appelle «Tournée minérale»). Pour cela, elle s'appuie sur un site Internet (dryjanuary.fr), où l'on peut s'inscrire et trouver des dépliants et des posters. 

«Contrairement au Mois sans tabac (organisé par les pouvoirs publics en novembre, ndlr), l'objectif n'est pas l'arrêt total : il s'agit de faire une pause, de regarder les moments où on ne consomme pas par plaisir mais par incitation», précise-t-elle. «C’est le verre automatique, quand on sort et qu'on nous dit ‘Pourquoi tu bois pas ce soir ? T’es malade ? T'es pas drôle’.»

Selon les associations organisatrices, le projet, inédit en France, aurait initialement dû être porté par l’Etat. Mais elles l'accusent d'avoir renoncé mi-novembre après une rencontre entre Emmanuel Macron et les producteurs de champagne. Car cette opération est depuis des mois dans le collimateur du secteur de l'alcool, et en particulier du monde du vin.

Mieux réguler sa consommation d’alcool

«Etape après étape, (il s'agit) d'arriver à l'interdiction de consommation, c'est ça qui est derrière», juge ainsi Bernard Farges, président de la CNAOC, confédération qui regroupe les 17 principales régions viticoles françaises à appellation, soit 70% des viticulteurs du pays. Le 16 décembre, le conseil municipal d'Epernay, haut lieu du prestigieux vin pétillant, a même adopté un vœu pour marquer son opposition au «Défi de janvier», assimilé à de la «prohibition».

«Il n'y a aucune volonté de prohibition ni d'abstinence totale, ce n'est pas du tout une campagne moralisatrice ni hygiéniste», se défend Nathalie Latour. «Les résultats sont intéressants, à court et moyen/long terme : les personnes qui ont participé arrivent ensuite à mieux réguler leur consommation d'alcool», assure-elle. 

Parmi les organisateurs du «Défi de janvier», on trouve des associations d'addictologues ou dédiées à la santé (comme la Ligue contre le cancer), mais aussi des mutuelles et des groupements de jeunesse. La consommation d'alcool, à l'origine de nombreuses maladies (cancers, maladies vasculaires, etc.), est responsable de 41 000 morts par an, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac (75.000), selon l'agence sanitaire Santé publique France.

Avec l’AFP. 

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