«Bien que les gens vivent plus longtemps, les personnes âgées vivent souvent avec un handicap et des maladies chroniques», rappelle dans son étude une équipe américaine de la Harvard T.H. Chan School of Public Health. Pour mémoire, l’espérance de vie en bonne santé tient compte de la durée de vie moyenne «sans limitation irréversible d’activité dans la vie quotidienne ni incapacités», selon l’Insee.
Les personnes atteintes de pathologies chroniques, dont le cancer, les maladies cardiovasculaires et le diabète, ont donc une espérance de vie plus courte que les autres. «Les estimations de la perte d'années de vie en raison de ces maladies chroniques varient de 7,5 à 20 ans, selon les méthodes utilisées et les caractéristiques de la population étudiée», soulignent les chercheurs, dont l’étude repose sur un très large échantillon.
En effet, les auteurs ont analysé les données relatives à 73 196 femmes et 38 366 hommes suivis régulièrement pendant 20 ans, soit un total de 111 562 participants, qui ne souffraient ni de cancer, ni de problèmes cardiovasculaires, ni de diabète en début d'étude. Et ce, à partir de cinq facteurs : mode de vie non-fumeur, maintien d'un IMC normal (18,5-24,9), pratique d'un minimum de 30 minutes d'activité physique par jour, consommation modérée d’alcool et régime alimentaire. Un score santé allant de 0 à 5 a été ensuite attribué à chaque participant.
Espérance prolongée de 34 ans chez les femmes
Les résultats de cette étude, publiés le 8 janvier sur le site de la revue The BMJ, montrent qu'après la prise en compte de facteurs tels que l'âge, l'ethnicité et les antécédents familiaux, l'espérance de vie à 50 ans était d’environ 24 ans sans cancer, maladies cardiovasculaires et diabète pour les femmes (23,7 ans) et les hommes (23,5 ans) qui n'adoptaient aucun de ces comportements.
Chez les femmes qui adoptaient quatre ou cinq facteurs de mode de vie sain, les scientifiques ont constaté que l'espérance de vie sans ces maladies après 50 ans atteignait 34,4 ans, contre 31,1 ans chez les hommes, prolongeant ainsi leur espérance de vie en bonne santé de 10,7 ans par rapport à celles qui n'ont tenu compte d'aucun de ces facteurs (7,6 ans chez les hommes). Sans surprise, les grands fumeurs (15 cigarettes ou plus par jour) et les obèses (IMC de 30 ou supérieur) se situaient dans la proportion la plus basse d’espérance de vie sans maladie après 50 ans.
Certes, les chercheurs rappellent qu’il ne s’agissait pas ici d’établir une relation de cause à effet. De plus, les informations ont été recueillies via des questionnaires : il existe donc une marge d'erreur dans les réponses. Mais leurs travaux se distinguent des autres études par la taille de l’échantillon (plus de 110 000 participants) et la durée du suivi (20 ans).
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