Alors que le projet de décret ouvrant l’épilation à la lumière pulsée aux instituts de beauté, promis en juin par le gouvernement, devrait mettre un terme à ces incessants chassé-croisé judiciaires, des esthéticiennes étaient à nouveau à la barre d’un tribunal correctionnel, jeudi, ainsi qu’une gérante d’institut de beauté.
En cause, l’épilation à la lumière pulsée… «Il y a une vraie dimension médicale, notamment pour la prévention des cancers de la peau. Cette technologie nécessite au préalable un diagnostic de l’épiderme et seul un médecin peut le faire», a expliqué Me Karim More, avocat du syndicat national des médecins esthétiques (SNME), rapporte Sud-Ouest.
Trois instituts de beauté étaient ainsi mis en cause, indique le journal. «Le commercial m’avait travaillée au corps pour que j’achète l’appareil. Je n’ai pas eu l’impression d’être en infraction, on était même formés par des dermatologues», a déclaré l’une des esthéticiennes attaquée par le syndicat.
Délibéré le 12 décembre
Me Bertrand Gaboriau, l’avocat de la défense, a rappelé que «l’épilation, c’est un acte extractif», alors que la lumière pulsée «n’extrait pas le poil, elle le flashe et le poil meurt». «C’est de la dépilation. La cliente vient avec ses poils et repart avec ses poils ! L’infraction n’est donc pas constituée», a-t-il argumenté, selon Sud-Ouest.
«Peut-être que la réglementation vous permettra bientôt de faire ces opérations de façon légale et encadrée. Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas», a répondu la procureure Marianne Poinot, qui a requis une condamnation avec dispense de peine pour les deux prévenus ayant cessé cette activité et 3 000 euros d’amende avec sursis contre une troisième qui l’a continué. Le tribunal rendra son délibéré le 12 décembre.
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