Dans les chambres standard de l'Ostelzzz, un hôtel situé dans une rue tranquille du centre de Milan, huit capsules sont collées les unes aux autres, avec un espace toilettes partagé et des douches au bout du couloir. A l'intérieur de la cabine : un lit de 90 centimètres sur 2 mètres avec oreiller et couette, deux prises pour recharger téléphone ou ordinateur, un coffre pour ranger son sac et une table de chevet intégrée.
Le tarif ? De 19 euros (petit-déjeuner inclus), en période creuse, à 150 euros, pendant la Semaine du design. Créés au Japon, à la fin des années 1970, ces hôtels ont été conçus comme des établissements de dépannage, prisés par les «salarymen», ces employés en costume cravate connus pour apprécier les soirées tardives et arrosées, et ceux ayant manqué le dernier train pour rentrer chez eux.
Mais depuis plusieurs années, le concept a essaimé dans le reste du monde. D'abord, dans les aéroports, de Paris à Moscou en passant par Bangkok. Puis, progressivement, dans les villes elles-mêmes, comme à Singapour, Séoul ou Bombay. En Europe, hors aéroports, ils sont encore rares. On peut citer le City Hub à Amsterdam ou le «capsule hotel Lucerne», premier à avoir ouvert en Suisse fin 2018.
En Italie, Milan est la première ville à en accueillir, mais ZZZleepandGo et sa filiale Ostelzzz comptent s'étendre. Fin 2019, le groupe italien sera présent dans six aéroports (Milan, Varsovie...) auxquels s'ajouteront rapidement en 2020 ceux de Vienne et quatre au Brésil (dont Rio de Janeiro), selon son directeur général Gianmaria Leto.
Style moderne à l’ambiance « millennial »
En plus des aéroports, son objectif est de créer un ou deux hôtels (capsule) par an dans les cinq prochaines années dans les principales villes européennes, ce qui devrait faire passer le chiffre d'affaires du groupe à 10 millions d'euros, contre un million en 2019. Le choix de Milan pour le premier hôtel capsule italien n'est pas anodin : la ville connaît un envol touristique depuis l'Exposition universelle de 2015, grâce à ses semaines de la mode, du design, son Duomo (cathédrale) ou sa vie nocturne.
«Alors qu'il y avait seulement trois auberges de jeunesse il y a quatre ans, maintenant il y en 26, c'est une croissance exponentielle», souligne le directeur opérationnel de ZZZleepandGo, Fabio Rocchetti. Son hôtel, proposé aussi sur la plateforme Airbnb, en plein essor à Milan, attire un public très divers : 25% des résidents sont des étudiants ou travailleurs.
A l'image de l'étudiante Monica Vici, à l'Ostelzzz, en attendant de trouver un appartement. Avant et après les cours, elle planche sur son ordinateur dans l'espace commun, au style moderne et à l'ambiance millennial, un peu à l'écart des allées et venues vers le bar ouvert en permanence. «Tu as ton intimité dans la chambre, mais il y a aussi une cuisine, tu rencontres plein de gens» et le personnel - tous âgés de moins de 40 ans – «est aux petits soins», explique la jeune fille.
Avec l’AFP.