La Chine, engagée dans une bataille pour endiguer l'extension de l'épidémie de coronavirus qui faisait déjà jeudi, dans la journée, plus de 170 morts, contaminant près de 8 000 personnes dans le pays, a recommandé mardi à ses ressortissants de reporter leurs voyages à l'étranger. Une décision qui commence à se faire sentir à Paris : le flux de touristes chinois commence à se tarir, alors que les festivités du Nouvel An chinois, du 25 janvier au 8 février, et les deux semaines suivantes, sont cruciales pour les commerçants.
«Notre activité s'est subitement arrêtée, il y aura un manque à gagner énorme, alors que ce sont les vacances les plus longues pour les Chinois qui ont quinze jours pour voyager. D'ordinaire nous les accueillons particulièrement bien à cette période, qui est la basse saison en Europe», explique à l'AFP Pierre Shi, président de l'Association chinoise des agences de voyages en France (Acav).
Les 50 agences regroupées au sein de l'Acav, qui font venir 150 000 touristes chinois par an en France et ailleurs en Europe, espèrent pouvoir «mettre leur personnel au chômage technique, car les voyages prévus au premier trimestre sont annulés. Nous avons déjà perdu un tiers de chiffre d’affaires», selon ce responsable.
Avec plus de 2 millions de visiteurs par an, les Chinois représentent une clientèle de poids en France, et surtout la plus dépensière : ils génèrent 7 % de la recette touristique, soit 4 milliards d'euros, alors qu'ils ne représentent que 2,5 % de la fréquentation touristique. De plus, les Chinois génèrent aujourd'hui un tiers des ventes du secteur du luxe, contre moins de 10 % en 2003, au moment de l'épidémie de Sras, a rappelé mardi la banque UBS dans une note.
Un impact « marginal » sur l’hôtellerie
Les hôteliers ne partagent pas la même inquiétude. «A l’heure actuelle, je ne vois qu'un impact marginal» de la crise du coronavirus sur le tourisme français. Le marché hôtelier parisien, fréquenté par la clientèle chinoise, est «en sous-capacité», estime Georges Panayotis, président fondateur du cabinet d'études MKG Group, interrogé par l'AFP. Si celle-ci diminue, «d'autres prendront sa place», prédit-il.
Dans l’autre sens, plusieurs compagnies aériennes ont pris la décision de suspendre ou de réduire leurs vols vers la Chine continentale face à la propagation du nouveau coronavirus. En Europe, c’est le cas de British Airways, Lufthansa et Iberia. Air France, pour sa part, a réduit ses vols vers Pékin et Shanghai au départ de Paris, mais suspendu ses vols pour le Wuhan, l’épicentre de l’épidémie.
Avec l’AFP.