De la «thalasso à l’eau douce», loin des côtes, jusqu’en montagne ? Le concept a été longtemps utilisé à tort et à travers. Pour mettre fin à ces dérives, les professionnels ont publié une norme qui en précise les caractéristiques.
Des annonces de thalasso à Lyon ou à Toulouse… Il y a quelques années, le mélange des genres entre balnéothérapie, thermalisme, spa et thalassothérapie était monnaie courante. On ouvrait une «thalassothérapie» à des centaines de kilomètres des côtes et les médias grand public n’y trouvaient rien à redire.
Le public, lui, a fini par y perdre ses repères, poussant les professionnels à réagir. En décembre 2014, une norme expérimentale Afnor (XP X50-844), actuellement en cours de réexamen, a ainsi vu le jour, sous l’impulsion du syndicat national de la thalassothérapie, France Thalasso. Depuis, on comprend mieux pourquoi un spa qui s’installe dans l’Yonne ne peut pas se prévaloir de l’étiquette «thalasso»…
Il existait bien un texte, la circulaire du 6 juin 1961, qui réglemente déjà ces établissements. Problème : il n'a jamais été publié au journal officiel et n'est donc pas opposable. La norme Afnor, même fondée sur le volontariat, vient donc combler un vide en fournissant une référence commune adoptée par 75% des établissements français concernés, que représentent dans leur totalité les membres de France Thalasso.
Utilisation des bienfaits du milieu marin
Que dit donc ce nouveau texte ? Qu’une thalassothérapie implique «l’utilisation combinée des bienfaits du milieu marin, qui comprend le climat marin, l’eau de mer, les boues marines, les algues, les sables et autres substances extraites de la mer». Mais ce n’est pas tout. Au-delà de la définition du concept, une liste de critères à respecter est présentée.
Exemple : un centre de thalasso doit proposer à minima des soins individuels (enveloppements ou applications de dérivés marins, dans des baignoires adaptées programmables équipées de jets - nécessitant l’intervention de personnel - ou des douches à distance et/ou allongés), ainsi que des soins collectifs en bassin et/ou piscine.
L’hygiène n’est pas non plus oubliée : la norme propose ainsi que les baignoires soient vidangées, nettoyées et désinfectées après chaque client. Les sols des zones humides intérieures doivent aussi être équipés en antidérapants. Autre précision : les compétences du personnel, avec le rappel des métiers existants : hydrothérapeute, esthéticienne, hydro-esthéticien(ne) et masseur-kinésithérapeute.