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« Ces médecines, à la frontière entre soin et bien-être, pourraient permettre de mieux adapter l'offre de santé aux besoins des usagers. », écrivent les auteurs de ce document. Des propos qui pourraient surprendre de la part d'une institution qui a pour mission d'éclairer le gouvernement dans ses orientations stratégiques. Jusqu'à présent, ces pratiques parfois controversées suscitaient davantage de suspicion de la part des pouvoirs publics. Et pour cause : si la loi Kouchner de mars 2002 sur le « droit des malades » a permis un début de reconnaissance, en légalisant les titres d'ostéopathe et de chiropracteur, il n'existe encore aucune réglementation. Mais la demande est bien réelle. « On semble observer, au niveau mondial, un recours croissant aux médecines non conventionnelles telles que l'ostéopathie, l'homéopathie ou l'acupuncture. » Le phénomène touche une large majorité d'Européens : 70 % des habitants de l'UE y ont eu recours au moins une fois dans leur vie et 25 % se tournent vers ces pratiques chaque année, est-il indiqué. Pour ses auteurs, les raisons de ce succès viennent d'abord des « manquements de la médecine occidentale » : effets secondaires des médicaments, absence de réponse thérapeutique à des maux quotidiens comme le mal de dos, pénurie de personnel soignant... Résultat ? L'offre actuelle de pratiques « alternatives » se développe de façon anarchique. Manque d'études sur les risques Plusieurs propositions sont donc présentées. Parmi elles, la création d'un label de thérapeute en pratiques non conventionnelles. Son obtention serait conditionnée à la réussite d'un examen clinique et juridique, sur le modèle des « Heilpraktiker » allemands (praticiens de santé). Ces derniers auraient l'obligation de renvoyer vers la médecine conventionnelle les cas graves. Les formations pourraient aussi faire l'objet d'une labellisation, souligne le document. Actuellement, seules celles qui touchent l'ostéopathie et la chiropractie sont reconnues officiellement. Enfin, les auteurs rappellent le manque d'études bénéfice-risque pour ces pratiques. « La recherche est peu fournie et souvent contradictoire, notamment parce que l'industrie pharmaceutique n'a pas intérêt à financer des essais dans un secteur qui pourrait entraîner une baisse de la prise médicamenteuse. », note le rapport. Pourtant, le débat ne concerne plus seulement les particuliers. Depuis quelques années, les formations aux techniques médicales « alternatives » se multiplient et des rapprochements entre médecines classique et non conventionnelle s'effectuent déjà dans certains hôpitaux.
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