
Le nombre de masseurs-kinésithérapeutes, déjà en forte hausse depuis le début du siècle, devrait bondir de 57% d'ici 2040, «soit bien plus que les besoins de soins», prévient la Direction de la recherche du ministère de la Santé. Selon ses calculs, ces professionnels seront 133 000 en 2040, tandis que la population française n'augmentera que de 9%.
Même en tenant compte du vieillissement et des «besoins de soins» qui en découleront, la «densité standardisée» de kinés progressera tout de même de 20%, précise son étude. Cela suppose toutefois que le nombre de places disponibles dans les instituts de formation restera stable à environ 2 750 par an, après avoir doublé entre 2000 et 2016.
L'étude fait aussi le pari que le flux des «diplômés à l'étranger» demeurera à son niveau actuel, «autour de 1 200» par an, soit quatre fois plus qu'en 2000. «Une stabilisation de la densité serait possible si les flux de diplômés à l'étranger et les quotas diminuaient conjointement», indique la Drees.
Contournement des quotas
Si les quotas constituent «un levier puissant» sur lequel peuvent peser les autorités françaises, les flux de diplômés à l'étranger sont, en revanche, «difficilement prévisibles» et servent souvent à contourner les quotas : ces dernières années, la moitié (51%) des diplômés à l'étranger étaient de nationalité française.
Dans un rapport publié en septembre 2017, l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes estime qu’il y a actuellement 20 000 praticiens en exercice qui détiennent un diplôme européen non délivré par la France. Le nombre d’étudiants acceptés dans les Instituts de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) est passé, lui, de 1929, en 2007, à 2756, en 2017, ajoute-t-il.