
A Bordeaux, le 11 mars dernier, se terminaient les 44e Olympiades des métiers, avec la finale nationale. Comme tous les deux ans, quelque 630 champions de moins de 23 ans représentant une quarantaine de métiers concouraient pendant deux jours et demi. Les heureux finalistes ont ensuite entamé une préparation technique de haut niveau : trois semaines dans des «centres d’excellence», labellisés ainsi par l’organisateur WorldSkills France.
L’enjeu ? Il s’agit, pour ces jeunes artisans, de briller encore une fois dans la maîtrise de leur art. Le 2 mai, en effet, WorldSkills France, en accord avec l'encadrement technique et l’entraîneur sportif, sélectionnera les membres titulaires et suppléants de l’équipe de France des métiers qui participeront à la «WorldSkills Competition» à Abu Dhabi (Émirats Arabes Unis), du 14 au 19 octobre 2017. La consécration d’un parcours sans fautes.
«Pour le concours national, le sujet a été donné aux candidats trois mois avant les épreuves», explique Valérie Germani, qui terminait à Bordeaux son mandat d’experte en soins esthétiques. Responsable du centre d’excellence de l’école Peyrefitte, à Lyon, elle a participé à la préparation des candidates et à l’élaboration des sujets. Elle passera ensuite la main à une nouvelle experte pour l’étape internationale, une fois l’équipe de France constituée.
«A travers les différentes épreuves de la compétition nationale, on essaie de montrer les différentes facettes du métier et de mettre en jeu les compétences utiles en esthétique, comme les soins visages, les soins corps, l’épilation, la beauté des mains et des pieds, le maquillage et l’extension de cils», poursuit la coach, dont le rôle est essentiel. Car, à l’instar de l’extension de cils ou du massage suédois, certains sujets abordés ne font pas partie de la formation de référence des esthéticiennes. D’où la nécessité pour les jeunes femmes de se préparer spécifiquement.
A Bordeaux, douze esthéticiennes étaient en lice. Noémie Badey et Mylène Calabre, respectivement médailles d’or et d’argent , se suivent de très près, mais une seule partira à Abu Dhabi. C’est la règle du jeu… «Elles sont toutes deux en préparation technique avec moi. A la fin de la semaine, en fonction du potentiel, je devrai choisir celle qui participera à la finale internationale», précise Valérie Germani.
Passer à un niveau de compétences supérieur
Une décision pas facile à prendre, car, entre Bordeaux et Abu Dhabi, «il y a une grosse marche à monter». En clair, le niveau est très élevé. Pour corser le tout, cette année, 27 candidats seront en lice, contre 22 la dernière fois. «Les candidats s’entraînent tous les jours. Les filles vont suivre trois semaines de préparation technique en centre. En plus, dans le cadre de l’équipe de France, il y aura encore deux semaines de préparation physique en mental».
Beaucoup de travail, certes, mais, à la clé, «une magnifique aventure et une montée en compétences, qui ouvre des portes pour l’avenir». Même si, en interne, cette compétition reste «peu connue et moins reconnue» que la médaille de Meilleur Ouvrier de France, alors que les Olympiades, elles, sont encore plus dures, assure Valérie. «Il n’y a qu’un gagnant par métier».
Les podiums en esthétique et coiffure
Soins esthétiques :
- Or : Noémie Badey (Auvergne-Rhône-Alpes)
- Argent : Mylène Calabre (Bourgogne-Franche Comté)
- Bronze : Audrey Pigeon (Nouvelle-Aquitaine)
Médaille d’excellence :
- Laura Clerice (Centre Val-de-Loire)
- Anaïs Lienhart (Grand Est)
- Camille Samuel S (Provence-Alpes-Côte d’Azur)
- Elise Giudice (Hauts-de-France)
Coiffure :
- Or : Mathieu Leger (Normandie)
- Argent : Léa Cabon (Bretagne)
- Bronze : Alix Darles (Provence-Alpes-Côte d’Azur)
Médaille d’excellence :
- Kimberly Vidal (Nouvelle-Aquitaine)
- Océane Poulain (Pays de la Loire)
- Marion Larquetoux (Hauts-de-France)
SUR LE MÊME SUJET
Olympiades des métiers : zoom sur trois finalistes en esthétique et coiffure