Techniquement, «trois nouvelles sections au sein du Conseil national des universités pour les disciplines de santé sont créées», selon le compte-rendu du conseil des ministres. Ces sections sont celles de la maïeutique (sages-femmes), des sciences de la rééducation et de la réadaptation (kinésithérapeutes, podologues, orthoptistes, orthophonistes....) et des sciences infirmières.
«C'est un grand jour pour notre profession», a déclaré le président de l'Ordre des infirmiers, Patrick Chamboredon. Les infirmiers expérimentés seront encouragés à mener des recherches - par exemple, dans la manière de soulager la douleur, de vaincre les réticences contre la vaccination, ou de faire progresser la prévention de certaines pathologies - puisqu'ils pourront désormais accéder au titre de docteur en sciences infirmières, s'est-il félicité.
Améliorer les connaissances cliniques
Jusqu'à présent, ceux qui étaient actifs dans la recherche le faisaient sous couvert d'une autre spécialité universitaire. Dans un communiqué commun, l'Ordre des infirmiers, le Cefiec (représentant les instituts de formation) et l'Andep (directeurs d'écoles paramédicales) ont salué une «chance pour le système de santé français de rattraper son retard dans des champs de recherche trop souvent délaissés, alors qu'ils sont largement investis par les chercheurs d'autres pays».
Il s'agit d’«améliorer les connaissances cliniques et la prise en charge de nos concitoyens, mais aussi la formation des futurs soignants», affirment les trois organisations. De son côté, le gouvernement a souligné que cette évolution favoriserait «le développement d'activités de recherche dans ces domaines où de nouvelles connaissances sont indispensables à la compréhension d'enjeux comme les inégalités sociales de santé, les déterminants d'une société inclusive, le handicap (ou) la santé de la femme».